On s'habitue aux choses
Même les plus sordides.
A la fraîcheur d'une rose
A la première ride.
Il voulait tant partir
Libéré de ses chaînes
Il s'est laissé mourir
Sans connaître la haine.
C'était un peu mon frère
Volage et innocent
Étendu là par terre
Dans une mare de sang.
Il n'a pas su attendre
Il ne calculait pas
A préféré se vendre
Aux passeurs d'au delà.
C'était quelqu'un d'intègre
Que la vie chahutait
Entre les vaches maigres
Et les mois trop parfaits
Il vivait d'utopies
Et de rêves insolites
Abhorrait tous les cris
Des prophètes à rites.
Je l'ai vu tant de fois
Pleurer sur mon épaule
Il me fallait la foi
Et souvent être drôle.
Pour changer son regard
Désespéré et vide
En lueur d'espoir
En visions intrépides.
Je lui tenais la main
Pour les longues épreuves
je l'aidais en chemin
Comme pour faire peau neuve.
Et ce jeune solitaire
N'avait pas d'autre ami
Détesté par son père
Et par sa mère trahi.
Il était innocent
Des sales accusations
La parole d'un enfant
Dont je tairai le nom.
A jeté toute l'opprobre
Sur l'homme fragilisé
Ce mensonge est ignoble
Et l'enfant a avoué.
Quand les honnêtes gens
Se changent en brutes infâmes
Et bousculent l'élégant
A la beauté diaphane.
Il ne font qu'ajouter
A l'absurde et l'horreur
La colère glacée
Et l'ami a pris peur.
LOQUINET